Monday, September 02, 2013

notes

Excerpts from a Volodine interview (titled “L'écriture, une posture militante”) which appeared in La matricule des anges, in 1997. 

La place de la politique est aussi omniprésente dans vos fictions. Est-ce que vous tenez pour sûre la perte des idéologies?
Ne parlons pas de moi. Mes personnages ne considèrent pas du tout que les idéologies soient perdues. Ils sont mus, ils sont totalement habités par des idéologies radicales, extrémistes, égalitaristes. Ce qui est en face d'eux, ce n'est pas la perte d'une identité révolutionnaire; ce à quoi ils sont confrontés, c'est la disparition des conditions permettant à l'utopie généreuse de se concrétiser. C'est la défiguration du rêve généreux qui les fait souffrir.

And, later, regarding the fact that post-exoticism’s characters move in an extremely hostile world:
Cette situation d'hostilité les oblige à construire un monde virtuel. Cette distance, ça serait la façon la plus objective de décrypter le sens du réel?
En effet, la distance permet de refabriquer quelque chose d'original avec le réel. Mais je ne procède pas à un décryptage, il s'agit plutôt d'une attitude hostile à l'égard du réel, d'une observation méfiante. Les narrateurs mènent une sorte de combat obscur contre le réel, qui se superpose à l'entreprise romanesque. Il y a une vibration, une tension qui traduisent une urgence agressive dans la prise de parole. L'écriture, quel que soit le sujet du livre, devient une posture militante, un geste de combat contre le monde ennemi.

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